Comme le dit Laufey, le sommeil est important. Mais dormir davantage ne suffit pas à faire disparaître toutes les inflammations récurrentes le long de la mâchoire. L’acné de l’adulte résulte de l’association de plusieurs facteurs — sébum, obstruction des follicules, inflammation et signaux hormonaux — ; il faut donc distinguer le rôle de l’hygiène de vie de celui des traitements.
En une phrase : le sommeil crée un terrain favorable à la récupération de la peau, tandis que les médicaments agissent directement sur les mécanismes de l’acné. Ce n’est qu’après avoir réduit l’inflammation active que vient le moment d’envisager les lasers ou les traitements des cicatrices.
Dans une vidéo beauté de Vogue publiée le 10 juin 2026, la chanteuse Laufey a déclaré que son acné avait commencé lorsqu’elle était entrée dans la vingtaine et qu’elle la comprenait comme une acné hormonale. Les tournées et les vols influencent sa peau, et elle a cité le sommeil comme première étape de sa routine.[1] Il s’agit d’une expérience personnelle rendue publique, et non d’un diagnostic expliquant la cause de toutes les acnés de l’adulte.

L’acné située sur le menton est-elle toujours hormonale ?
Pas nécessairement. Une acné récurrente au niveau de la mâchoire et du bas du visage, qui s’aggrave avec le cycle menstruel, peut suggérer une influence hormonale. Mais les frottements, le rasage, la folliculite et la dermatite périorale peuvent présenter un aspect similaire. Il ne faut pas se baser uniquement sur la localisation : on examine aussi l’aspect des lésions et leur évolution au cours du cycle.
Le National Institute of Arthritis and Musculoskeletal and Skin Diseases (NIAMS) explique que les androgènes peuvent intervenir dans l’acné en augmentant la taille des glandes sébacées et la production de sébum.[2] Toutefois, le seul fait d’avoir beaucoup de sébum ne signifie pas que des analyses sanguines ou un traitement hormonal soient nécessaires pour tout le monde.
Le manque de sommeil est-il une cause ou un facteur aggravant ?
Il est difficile de considérer le manque de sommeil comme l’unique cause de l’acné. Le stress n’est pas non plus la seule cause de l’apparition de l’acné, mais il peut aggraver une acné existante.[3] Dans une situation comme une tournée, où le décalage horaire, le maquillage, les frottements et l’irrégularité du nettoyage du visage changent simultanément, il est encore plus difficile de déterminer ce qui a eu un effet.
Le sommeil doit donc être utilisé non pas comme une promesse remplaçant le traitement, mais comme une stratégie visant à réduire les variables. Plutôt que de chercher à corriger parfaitement l’heure du coucher d’un seul coup, on fixe l’heure du réveil dans une plage d’une heure et l’on conserve, même en voyage, la même routine pour les taies d’oreiller et le démaquillage.
Avant tout, il faut corriger non pas le nombre de produits, mais les variations de la routine
Le matin : privilégier la protection
Après un nettoyage doux, ou à l’eau tiède, appliquer une crème hydratante non comédogène et une protection solaire. « Non comédogène » signifie que le produit est conçu pour réduire le risque d’obstruction des pores, et non qu’il garantit l’absence totale d’acné.
Le soir : n’introduire régulièrement qu’un seul actif de traitement
Le peroxyde de benzoyle est un actif qui réduit les bactéries responsables de l’acné et l’inflammation, tandis que les rétinoïdes topiques comme l’adapalène régulent le processus d’obstruction des follicules. Les recommandations de l’American Academy of Dermatology de 2024 préconisent fortement ces deux catégories et recommandent de les associer, grâce à leurs mécanismes d’action différents.[4] Au début, il faut les utiliser peu fréquemment et surveiller la sécheresse et les irritations.
En cas de grossesse ou de projet de grossesse, il faut éviter les rétinoïdes topiques et revoir le plan de traitement. Pour les peaux sensibles, l’acide azélaïque peut constituer une alternative. Si l’on commence trois produits simultanément, il devient impossible de savoir lequel a provoqué l’irritation ; on les modifie donc un par un.
En dermatologie, que choisit-on et dans quel ordre ?
La première priorité est de diagnostiquer l’acné active et de la traiter par des médicaments. En cas d’inflammation importante ou de cicatrices, des antibiotiques oraux peuvent être prescrits ; chez les femmes présentant une acné récurrente de la mâchoire, un contraceptif oral combiné ou un traitement hormonal tel que la spironolactone peuvent constituer des options.[4] Ils doivent être prescrits après vérification de la tension artérielle, d’une éventuelle grossesse et des interactions avec d’autres médicaments.
La deuxième priorité concerne les actes complémentaires. Le guide officiel de Seolleim mentionne l’« injection pores soyeux », proposée pour réguler le sébum et atténuer les imperfections.[5] Toutefois, le menu d’une clinique atteste seulement de l’existence de cette prestation ; il ne constitue pas une preuve indépendante de son efficacité ou de sa sécurité. Il faut vérifier les ingrédients, le champ d’autorisation, la zone d’injection ainsi que les risques d’ecchymoses, de gonflement et d’allergie, sans l’interpréter comme un substitut aux traitements médicamenteux standard.
La troisième priorité concerne les marques et les cicatrices. Les marques rouges, les taches brunes et les cicatrices atrophiques ne se traitent ni avec les mêmes objectifs ni avec les mêmes appareils. Si de nouvelles inflammations apparaissent encore et que l’on répète d’abord les traitements laser des cicatrices, de nouvelles cicatrices peuvent s’ajouter. Une fois les lésions actives stabilisées, on choisit, en fonction de la forme des cicatrices et du teint, entre lasers vasculaires ou pigmentaires, laser fractionné et microneedling par radiofréquence.
Questions fréquentes
Quelques nuits de bon sommeil suffisent-elles à améliorer l’acné ?
Les rougeurs et la fatigue peuvent sembler moins marquées, mais quelques jours de sommeil ne peuvent pas traiter les follicules obstrués ni les inflammations récurrentes. Le sommeil sert à stabiliser les conditions dans lesquelles les médicaments et une routine douce peuvent agir.
En cas d’acné du menton, faut-il immédiatement faire un bilan hormonal ?
Ce n’est pas nécessaire pour tout le monde. La nécessité d’une évaluation augmente lorsque d’autres signes sont présents, comme des règles irrégulières, une pilosité excessive ou une aggravation brutale. On ne décide ni d’un examen ni d’un traitement hormonal sur la seule base de la localisation des lésions.
Les recommandations du Dr Kang Jeong-ha
Commencez par trois mesures au quotidien. Premièrement, gardez une heure de réveil régulière pendant deux semaines. Deuxièmement, démaquillez-vous complètement le soir, mais arrêtez les gommages et les extractions. Troisièmement, nettoyez régulièrement les taies d’oreiller ainsi que les objets qui touchent le menton, comme les masques et les instruments de musique.
Les priorités thérapeutiques sont claires. En première intention, il s’agit d’un traitement standard de l’acné associant, selon l’état de la peau, du peroxyde de benzoyle et un rétinoïde topique ou de l’acide azélaïque. Il faut impérativement tenir compte des irritations, de la sécheresse et d’un éventuel projet de grossesse. En deuxième intention, chez les femmes adultes présentant une acné récurrente de la mâchoire, la spironolactone ou un contraceptif oral combiné peuvent être envisagés après vérification de leur adéquation. On examine d’abord les contre-indications, notamment la tension artérielle, la possibilité d’une grossesse et le risque de thrombose.
Les actes de troisième intention se choisissent une fois l’inflammation active suffisamment stabilisée. Pour une prise en charge complémentaire du sébum et des imperfections, il faut vérifier les ingrédients exacts de l’injection pores soyeux, son champ d’autorisation et la possibilité d’ecchymoses ou de gonflements. Si l’objectif est de traiter les cicatrices, on choisit selon leur forme : laser vasculaire pour les marques rouges, laser pigmentaire pour les taches, laser fractionné ou microneedling par radiofréquence pour les cicatrices atrophiques. Plutôt que de vouloir tout résoudre en une fois, l’approche la plus pratique consiste à suivre l’ordre « stopper les nouvelles inflammations → traiter les marques → traiter les cicatrices ».

Des histoires de dermatologie passionnantes pour une peau saine
Fort de 16 années d’expérience à la tête de la clinique Seolleim de Gangnam, je vous présente simplement et de manière accessible des conseils de soins applicables au quotidien, ainsi que des histoires passionnantes sur la dermatologie inspirées des célébrités, des personnalités publiques et de la télévision. À travers mes connaissances et mon expérience professionnelles, je souhaite vous aider à révéler une peau plus saine et plus éclatante. J’espère que cette série vous permettra d’approfondir votre compréhension de la peau et de découvrir comment prendre soin de vous.
Dr Kang Jeong-ha, directeur médical (clinique Seolleim de Gangnam)
- Source
- [1]Vogue·Laufey on Brows, Her Lucky Number, and Missing Home·2026-06-10
- [2]NIAMS·Acne: Causes·date de publication non indiquée
- [3]MedlinePlus·Acne·2024-10-12
- [4]American Academy of Dermatology·Guidelines of care for the management of acne vulgaris·2024-01-31
- [5]Clinique Seolleim·Guide officiel de l’injection pores soyeux·date de publication non indiquée
- [2]NIAMS·Acne: Causes·발표일 미표기
- [5]설레임의원·실키모공주사 공식 안내·발표일 미표기

