Lorsque des rougeurs granuleuses apparaissent autour de la bouche, appliquer plusieurs couches de crème en se disant que « la barrière cutanée est altérée » n’est pas toujours la solution. La dermatite péribuccale est une maladie inflammatoire de la peau caractérisée par de petites papules regroupées autour de la bouche, du nez ou des yeux ; les cosmétiques riches et les stéroïdes destinés au visage peuvent en favoriser l’aggravation.[2][3] En présence d’une poussée active, il faut d’abord rechercher les facteurs en cause et instaurer un traitement médicamenteux adapté au diagnostic, plutôt que de recourir à des procédures.

En juillet 2025, Hailey Bieber a révélé l’aggravation de sa dermatite péribuccale et partagé une routine simple comprenant un nettoyage à l’eau ainsi que de l’acide azélaïque et de la clindamycine prescrits.[1] L’essentiel n’est pas de reproduire une liste de produits précise. Une éruption au même endroit peut aussi correspondre à de l’acné, à une rosacée ou à une dermatite de contact : avant d’en déterminer le nom, il faut en distinguer les caractéristiques.

eaf50485-3f57-4353-87e2-06ec9c50d5fb

Quelle différence entre dermatite péribuccale et acné autour de la bouche ?

Dans la dermatite péribuccale, une étroite bande de peau saine est souvent préservée juste au bord des lèvres, tandis que de petites papules et pustules rouges se regroupent autour. L’éruption peut aussi s’étendre aux ailes du nez ou au contour des yeux ; c’est pourquoi on la décrit parfois comme une dermatite « péri-orificielle », c’est-à-dire autour de la bouche, du nez ou des yeux, plutôt que simplement « péribuccale ».[2]

L’acné se reconnaît notamment à la présence de comédons, comme les points noirs et les points blancs. Dans la dermatite péribuccale, les comédons sont souvent absents ou peu marqués, tandis que des picotements, une sensation de tiraillement et une desquamation peuvent apparaître. La rosacée s’accompagne plus volontiers d’une rougeur persistante du nez et des joues, d’une sensation de chaleur et de petits vaisseaux visibles. Ces affections pouvant se chevaucher, conclure à partir d’une photo בלבד peut conduire à un ordre de traitement inadapté.[3]

Pourquoi une « crème douce » peut-elle parfois favoriser l’extension de l’éruption ?

Lorsque la peau picote, on a instinctivement tendance à appliquer une couche supplémentaire de baume riche, d’huile ou de masque. Or, dans la dermatite péribuccale, les cosmétiques très occlusifs peuvent maintenir plus longtemps à la surface de la peau la chaleur, l’humidité et les substances irritantes, et ainsi entretenir l’éruption. Même l’appellation « réparation de la barrière » ne change rien si la texture est lourde.[2]

Plus le nombre de produits augmente, plus il devient difficile d’identifier la cause. Si l’on remplace en même temps le nettoyant, le tonique, l’essence, l’huile et la crème sans amélioration, il est impossible de savoir quel ingrédient pose problème. Dans cette maladie, une routine minimale ne signifie pas renoncer à prendre soin de sa peau : c’est une manière de clarifier le diagnostic.

Pourquoi les stéroïdes appliqués sur le visage constituent-ils un indice important ?

Les pommades stéroïdiennes peuvent rapidement réduire les rougeurs et les démangeaisons, donnant d’abord l’impression d’une amélioration. Mais, dans la dermatite péribuccale, elles peuvent entraîner une dépendance pendant l’utilisation et une aggravation rebond à l’arrêt. DermNet recommande d’arrêter les stéroïdes topiques sur le visage ; après l’usage prolongé d’un produit puissant, il conseille toutefois de réduire progressivement le traitement avec un professionnel de santé et de ne pas le reprendre en raison du rebond.[2]

Cela ne signifie pas qu’il faille interrompre de sa propre initiative un stéroïde indispensable, comme un spray nasal ou un traitement inhalé. Après l’utilisation, rincer la bouche et le visage, et indiquer au médecin l’emplacement de l’éruption ainsi que la date de son apparition. Noter le type de stéroïde et la durée d’utilisation facilite l’élaboration d’un plan de réduction progressive.

Que retenir de la routine de Hailey Bieber, et que ne faut-il pas reproduire ?

On peut retenir l’idée de réduire le nombre d’étapes pendant une poussée et de placer les médicaments prescrits au centre de la routine.[1] En revanche, il ne faut pas reproduire les noms des médicaments ni leur ordre d’application. L’acide azélaïque peut être utilisé pour réduire l’inflammation, mais il peut provoquer des picotements ; la clindamycine étant un antibiotique, son indication et sa durée d’utilisation doivent être prises en compte.

L’amélioration de la peau d’une célébrité ne constitue pas un diagnostic. Même un acide faiblement dosé, un tonique peu irritant ou une brume antibactérienne peuvent irriter une peau déjà fissurée et brûlante. Plutôt que de se dire que l’on présente les « mêmes symptômes qu’une célébrité », il faut examiner trois éléments sur sa propre peau : la présence ou non de comédons, la répartition autour du bord des lèvres et les antécédents d’utilisation de stéroïdes.

Dans quel ordre les traitements médicamenteux sont-ils choisis ?

Dans les formes légères et localisées, des traitements topiques comme le métronidazole, l’érythromycine ou le pimécrolimus peuvent être proposés.[2][3] Le pimécrolimus est un inhibiteur de la calcineurine qui réduit les signaux inflammatoires par un mécanisme différent de celui des stéroïdes. Il peut provoquer une sensation de brûlure et ne doit donc pas être considéré systématiquement comme une « alternative douce ».

Lorsque l’éruption est étendue ou persistante, un antibiotique oral de la famille des tétracyclines, comme la doxycycline, peut être envisagé.[2][3] L’objectif n’est alors pas seulement antibactérien : il comprend également une action anti-inflammatoire. Il faut vérifier la possibilité d’une grossesse, l’âge et les interactions avec d’autres médicaments ; il ne faut pas prendre de sa propre initiative des antibiotiques restants.

Quand peut-on envisager un laser ou un skin booster ?

En phase active, lorsque des papules rouges apparaissent et que la peau picote, le laser, les peelings, la radiofréquence avec micro-aiguilles et les skin boosters ne sont pas prioritaires. Ils peuvent irriter davantage la barrière cutanée et compliquer l’évaluation de l’évolution. Il faut d’abord stabiliser l’inflammation, puis évaluer séparément les rougeurs ou les troubles pigmentaires qui persisteraient réellement.

Même si des rougeurs persistent après le traitement, mieux vaut observer la récupération naturelle pendant quelques semaines plutôt que de programmer immédiatement un laser vasculaire. Si l’on répète les procédures alors que la dermatite péribuccale s’étend à nouveau, il devient difficile de distinguer la cause des effets indésirables. Dans cette maladie, déterminer quelles procédures ne pas réaliser fait aussi partie d’un plan thérapeutique actif.

Comment établir une routine minimale à la maison ?

Le matin, laver brièvement le visage à l’eau tiède ou avec un nettoyant peu irritant, puis utiliser seulement un hydratant léger peu parfumé et une protection solaire tolérable, comme un filtre minéral. Le soir, répéter le même nettoyage et la même hydratation. Suspendre les gommages, les toniques exfoliants, les rétinoïdes, la vitamine C fortement dosée et les masques jusqu’à l’apaisement de l’éruption.

N’ajouter qu’un seul nouveau produit à la fois, en espaçant les changements de 5 à 7 jours. Photographier l’éruption tous les deux jours, sous le même éclairage, et noter la douleur, les picotements et son étendue. En cas de vésicules, de croûtes jaunes, de douleur oculaire ou d’œdème rapide, ne pas attendre en considérant qu’il s’agit d’une simple dermatite péribuccale et consulter plus rapidement.

Questions fréquentes

Si le fluor du dentifrice est en cause, faut-il passer à un dentifrice sans fluor ?

Les données ne suffisent pas à établir que le dentifrice fluoré est la cause de toutes les dermatites péribuccales. Rincer la zone autour de la bouche afin que la mousse du dentifrice n’y reste pas longtemps ; si une irritation due aux parfums ou aux tensioactifs est suspectée, ne modifier qu’un seul élément et observer l’évolution. Ne pas changer arbitrairement de dentifrice au point de renoncer à la prévention des caries.

À quelle vitesse l’éruption s’améliore-t-elle ?

Même après avoir réduit les produits en cause, les rougeurs peuvent s’accentuer par rebond en quelques jours, et la réponse au traitement peut prendre plusieurs semaines.[2] Il vaut donc mieux conserver le plan prescrit et les photographies de suivi plutôt que de changer de produit chaque jour.

Les recommandations du docteur Kang Jeong-ha

Premièrement, dès aujourd’hui, arrêter les exfoliants, les rétinoïdes, les produits fortement parfumés et les baumes riches, et ne conserver que trois étapes : nettoyage, hydratation légère et protection solaire. Deuxièmement, noter les noms et la durée d’utilisation des stéroïdes pour le visage ainsi que de ceux destinés à la rhinite ou à l’asthme, puis les montrer lors de la consultation. Ne pas interrompre de sa propre initiative un stéroïde prescrit et vérifier s’il doit être réduit progressivement.

La priorité du traitement est d’établir un diagnostic précis. En cas d’éruption localisée, choisir le métronidazole, l’érythromycine ou le pimécrolimus en fonction des symptômes et du risque d’irritation. Si l’atteinte est étendue ou récidivante, envisager en seconde intention la doxycycline par voie orale.[2][3] L’objectif attendu est une diminution des papules inflammatoires et des picotements ; il faut également vérifier les risques tels qu’une sensation de brûlure, des troubles digestifs ou des contre-indications médicamenteuses.

Le laser, les peelings, la radiofréquence avec micro-aiguilles et les skin boosters doivent être différés pendant la phase active. Ils ne pourront être choisis qu’après un nouveau diagnostic, lorsque l’éruption aura suffisamment diminué et que d’éventuelles rougeurs ou anomalies pigmentaires résiduelles persisteront de façon stable. Au quotidien, donner la priorité au fait de ne pas toucher la peau, de n’ajouter qu’un seul nouveau cosmétique à la fois et de photographier l’évolution sous le même éclairage.

Sources

[1] Vogue · Hailey Bieber Opens up About Her Perioral Dermatitis—and Shares Exactly How She Deals With a Flare Up · 2025-07-19

[2] DermNet · Periorificial dermatitis · 2023-07-01

[3] PubMed · Periorificial dermatitis: Pathophysiology, diagnosis, and treatment · 2025-11-01

Photo de profil du docteur Kang Jeong-ha, directrice médicale

Des histoires captivantes sur la peau pour une peau en bonne santé

Forte de 16 années d’expérience à la tête de la clinique Seolleim de Gangnam, la docteure Kang Jeong-ha partage avec simplicité et convivialité des conseils de soins applicables au quotidien, ainsi que des récits intéressants sur la dermatologie inspirés de célébrités, de personnalités médiatiques et d’émissions de télévision. Elle souhaite vous aider à rendre votre peau plus saine et plus lumineuse grâce à ses connaissances et à son expérience professionnelles. À travers cette série, elle espère vous permettre de mieux comprendre la peau et de découvrir comment prendre soin de vous.

Docteure Kang Jeong-ha, directrice médicale (clinique Seolleim de Gangnam)

Source